Les moteurs de recherche généreux

L’écologie et la solidarité sont de plus en plus à la mode et les idées fleurissent un peu partout pour surfer sur cette vague. Pour ne pas faire exception à la règle les moteurs de recherche s’y sont mis aussi.

On connaissait Veosearch qui permet de collecter des dons en faisant des recherches mais tout récemment j’ai reçu un mail m’annonçant la naissance de d’un visage écolo et solidaire de Google, Ethicle.

Le principe est simple et facile d’utilisation, à chaque recherche effectuée dans Ethicle, 1 centime d’euro est donné à l’ONG de votre choix : Amnesty International, Care, la Croix Rouge, Greenpace ou WWF. Visiblement un projet est à l’étude pour permettre à l’utilisateur de proposer lui-même l’ONG à laquelle il veut donner si elle ne figure pas parmi la liste.

Utiliser Ethicle ne vous coûte rien en tant qu’utilisateur puisque les centimes réservés aux ONG sont prélevés sur les recettes publicitaires.

J’ai bien entendu été jeter un œil sur ce site. D’esthétique, l’on peut dire qu’il est très sobre, habillé de blanc et de vert. Il est clair et en un coup d’œil on peut constater qu’il est en fait le reflet de Google dans un habit plus éthique pour employer le mot privilégié de ce nouveau site.

Une icône vous propose d’emblée d’insérer le lien de ce site à votre barre Google. Le reste est identique à un moteur de recherche traditionnel le coin « dons » en plus.

A l’heure où je vous parle, on peut compter 254 906 recherches qui ont généré un montant de $ 2549.06. Vous pouvez voir ce que vos recherches génèrent également comme dons sur un autre compteur.

Alors tout cela paraît très beau en substance mais comme sur Internet la prudence est de rigueur et que ce site demande votre mot de passe MSN pour se faire connaître auprès de vos amis et qu’il ne faut JAMAIS donner son mot de passe, on peut tiquer.

En cherchant un peu sur Internet, j’ai trouvé beaucoup d’interrogations sur ce site, les internautes se demandent si c’est de l’arnaque ou de la vrai solidarité.

Moi-même dans le doute j’ai contacté le WWF et Google pour avoir confirmation de ce partenariat, j’attends toujours la réponse de Google mais voici celle du Chef de projet Marketing Direct et nouveaux media de WWF France :

Bonjour Madame,

Je vous remercie vivement pour votre email. Nous avons pris connaissance hier de ce site internet et les démarches sont en cours pour que le WWF ne figure plus sur ce site avec lequel aucun partenariat, convention ou quelque accord que ce soit n’a été signé.

J’attends un retour de la part du WWF International pour savoir s’ils ont eu un contact avec eux avant de publier, le cas échéant, une mise en garde sur notre site.

En revanche, ce système de soutien aux ONG par les moteurs de recherches existe de manière fiable et sérieuse. Nous sommes partenaires de http://www.veosearch.com/ que vous pouvez recommander à vos utilisateurs.

Je reste à votre disposition pour tout complément d’information.

Très cordialement,

Malheureusement comme toute chose à la mode, il faut s’attendre à ce que l’écologie et la solidarité soient utilisées par les arnaqueurs. C’est bien dommage mais à part être prudent, on y peut pas grand-chose. Je vous tiendrai au courant de la réponse de Google dès que je la reçois.

Revenons sur Veosearch qui lui est un vrai moteur de recherche généreux.

Il faut s’inscrire pour participer, vous choisissez ensuite le ou les projets proposés par les différentes associations et vos recherches génèrent des dons pour ces derniers. Le gros avantage c’est que vous pouvez choisir d’utiliser Google, Yahoo, Exalead ou Ask pour votre recherche. Il s’insère également dans la barre Google si vous le souhaitez.

Les dons sont prélevés sur les recettes publicitaires et on compte actuellement 22 099 inscrits pour 16 068 € de dons.

Une manière simple et gratuite de soutenir facilement les ONG partenaires.

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Recherche bénévoles pour sortir un chien en région parisienne

Je relais le message…

« Vous avez du temps de libre et vous souhaitez aider une personne et son chien ? Alors lisez la suite…

Dans le quartier du château de Vincennes, une dame très malade est dans l’impossibilité de sortir son chien, un magnifique berger du Caucase de bientôt 7 ans…

Cette dame peut conserver son chien auprès d’elle grâce à un groupe de bénévoles qui se relaient pour sortir le chien à 10h du matin et vers 18h en soirée. Nous avons besoin d’autres bénévoles pour compléter notre chaîne de solidarité. L’idéal est de trouver des bénévoles qui ont une matinée ou une soirée de libre fixe par semaine.

Ce chien est un amour mais c’est un gros chien, nous recherchons donc des personnes qui ont l’habitude des gros chiens, qui ont de la poigne, qui sont fermes et bien sûr qui adorent les animaux !

Les sorties durent de 30min à 1h en fonction des besoins et envies du chien. La première prise de contact et la première sortie se font en compagnie d’un ancien bénévole… »

Si vous êtes intéressés, contactez Tsuki_c à tsuki_c[arobase]yahoo.fr

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Le saviez-vous ?

Ø La Chine consomme 3 milliards de sacs plastiques par jour.

Ø Le phénomène par lequel les plantes se tournent vers le soleil s’appelle le phototropisme.

Ø Un français consomme en moyenne 160 litres d’eau par jour, un malien en consomme 20 litres. Sur les 160 litres d’eau, le français ne boit qu’1 % de l’eau potable consommée.

Ø La production d’un kilo de coton nécessite de 7 000 à 29 000 litres d’eau. La culture du coton consomme un quart des insecticides utilisés dans le monde, elle ne représente cependant que 3 % des terres cultivées.

Ø Il y a une dizaine de milliers d’années, lors de la dernière période glaciaire, le niveau de la mer était plus bas de 120 mètres.

Ø Un sac plastique met 400 ans pour se dégrader dans la nature.

Ø A Paris, le cimetière du Père Lachaise compte pas moins de 400 espèces végétales.

Ø Un européen consomme en moyenne 13 kilos de papier hygiénique par an. Il existe du papier recyclé de qualité équivalente.

Ø 50 % des zones humides françaises ont disparu ces 30 dernières années.

Ø Les lingettes jetables utilisent plus de composants polluants que les produits traditionnels et provoquent 23 fois plus de déchets.

Ø L‘eau insalubre tue 5 millions de personnes par an.

Ø Le Kilimandjaro a perdu 82 % de son glacier durant le 20e siècle.

Ø Une espèce sur 1 000 disparaît chaque année. Dans le monde 1 espèce sur 4 est menacée chez les mammifères, 1 sur 8 chez les oiseaux, 1 sur 3 chez les poissons et 2 sur 5 chez les amphibiens.

Ø 1 kilo de fraises d’hiver peut nécessiter jusqu’à 5 litres de gasoil.

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Bonne Année

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2008 !

J’émets le voeux que cette année 2008 voit une généralisation de la prise de conscience des enjeux écologiques, que nous soyons tous capables de nous responsabiliser dans notre façon de consommer et de réaliser la chance que nous avons d’être locataires d’une si belle planète !

Pour commencer cette nouvelle année en nous rappelant tout le chemin qu’il nous reste à faire pour limiter notre impact sur notre belle Terre, je vous propose de lire ou relire ce célèbre texte de Romain Gary paru dans le Figaro Littéraire en 1968, Lette à l’éléphant.

Lettre à l’éléphant

Monsieur et cher éléphant,

Vous vous demanderez sans doute en lisant cette lettre ce qui a pu inciter à l’écrire un spécimen zoologique si profondément soucieux de l’avenir de sa propre espèce. L’instinct de conservation, tel est, bien sûr ce motif. Depuis fort longtemps déjà, j’ai le sentiment que nos destins sont liés. En ces jours périlleux « d’équilibre par la terreur », de massacres et de calculs savants sur le nombre d’humains qui survivront à un holocauste nucléaire, il n’est que trop naturel que mes pensées se tournent vers vous.

À mes yeux, monsieur et cher éléphant, vous représentez à la perfection tout ce qui est aujourd’hui menacé d’extinction au nom du progrès, de l’efficacité, du matérialisme intégral, d’une idéologie ou même de la raison car un certain usage abstrait et inhumain de la raison et de la logique se fait de plus en plus le complice de notre folie meurtrière. Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes comportés tout simplement envers d’autres espèces, et la vôtre en particulier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes.

C’est dans une chambre d’enfant, il y a près d’un demi-siècle, que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Nous avons pendant des années partagé le même lit et je ne m’endormais jamais sans embrasser votre trompe, sans ensuite vous serrer fort dans mes bras jusqu’au jour où ma mère vous emporta en disant, non sans un certain manque de logique, que j’étais désormais un trop grand garçon pour jouer avec un éléphant. Il se trouvera sans doute des psychologues pour prétendre que ma « fixation » sur les éléphants remonte à cette pénible séparation, et que mon désir de partager votre compagnie est en fait une forme de nostalgie à l’égard de mon enfance et de mon innocence perdues. Et il est bien vrai que vous représentez à mes yeux un symbole de pureté et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient pacifiquement ensemble.

Des années plus tard, quelque part au Soudan, nous nous sommes de nouveau rencontrés. Je revenais d’une mission de bombardement au-dessus de l’Ethiopie et fis atterrir mon avion en piteux état au sud de Khartoum, sur la rive occidentale du Nil. J’ai marché pendant trois jours avant de trouver de l’eau et de boire, ce que j’ai payé ensuite par une typhoïde qui a failli me coûter la vie. Vous m’êtes apparu au travers de quelques maigres caroubiers et je me suis d’abord cru victime d’une hallucination. Car vous étiez rouge, d’un rouge sombre, de la trompe à la queue, et la vue d’un éléphant rouge en train de ronronner assis sur son postérieur, me fit dresser les cheveux sur la tête. Hé oui ! vous ronronniez, j’ai appris depuis lors que ce grondement profond est chez vous un signe de satisfaction, ce qui me laisse supposer que l’écorce de l’arbre que vous mangiez était particulièrement délicieuse.

Il me fallut quelque temps pour comprendre que si vous étiez rouge, c’est parce que vous vous étiez vautré dans la boue, ce qui voulait dire qu’il y avait de l’eau à proximité. J’avançai doucement et à ce moment vous vous êtes aperçu de ma présence. Vous avez redressé vos oreilles et votre tête parut alors tripler de volume, tandis que votre corps, semblable à une montagne disparaissait derrière cette voilure soudain hissée. Entre vous et moi, la distance n’excédait pas vingt mètres, et non seulement je pus voir vos yeux, mais je fus très sensible à votre regard qui m’atteignit si je puis dire, comme un direct à l’estomac. Il était trop tard pour songer à fuir. Et puis, dans l’état d’épuisement où je me trouvais, la fièvre et la soif l’emportèrent sur ma peur. Je renonçai à la lutte. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises pendant la guerre : je fermais tes yeux, attendant la mort, ce qui m’a valu chaque fois une décoration et une réputation de courage.

Quand j’ouvris de nouveau les yeux, vous dormiez. J’imagine que vous ne m’aviez pas vu ou pire vous m’aviez accordé un simple coup d’oeil avant d’être gagné par le sommeil. Quoi qu’il en soit, vous étiez là ; la trompe molle, les oreilles affaissées, les paupières abaissées et, je m’en souviens, mes yeux s’emplirent de larmes. Je fus saisi du désir presque irrésistible de m’approcher de vous, de presser votre trompe contre moi, de me serrer contre le cuir de votre peau et puis là, bien à l’abri, de m’endormir paisiblement. Une impression des plus étranges m’envahit. C’était ma mère, je le savais, qui vous avait envoyé. Elle s’était enfin laissée fléchir et vous m’étiez restitué.

Je fis un pas dans votre direction, puis un autre… Pour un homme aussi profondément épuisé que j’étais en ce moment-là, il se dégageait de votre masse énorme, pareille à un roc, quelque chose d’étrangement rassurant. J’étais convaincu que si je parvenais à vous toucher, à vous caresser, à m’appuyer contre vous, vous alliez me communiquer un peu de votre force vitale. C’était l’une de ces heures où un homme a besoin de tant d’énergie, de tant de force qu’il lui arrive même de faire appel à Dieu. Je n’ai jamais été capable de lever mon regard aussi haut, je me suis toujours arrêté aux éléphants.

J’étais tout près de vous quand je fis un faux pas et tombai. C’est alors que la terre trembla sous moi et le boucan le plus effroyable que produiraient mille ânes en train de braire à l’unisson réduisit mon coeur à l’état de sauterelle captive. En fait, je hurlais, moi aussi et dans mes rugissements il y avait toute la force terrible d’un bébé de deux mois. Aussitôt après, je dus battre sans cesser de glapir de terreur, tous les records des lapins de course. Il semblait bel et bien qu’une partie de votre puissance se fût infusée en moi, car jamais homme à demi-mort n’est revenu plus rapidement à la vie pour détaler aussi vite En fait, nous fuyions tous les deux mais en sens contraires.

Nous nous éloignions l’un de l’autre, vous en barrissant, moi en glapissant, et comme j’avais besoin de toute mon énergie, il n’était pas question pour moi de chercher à contrôler tous mes muscles. Mais passons là-dessus, si vous le voulez bien. Et puis, quoi, un acte de bravoure a parfois de ces petites répercussions physiologiques. Après tout, n’avais-je pas fait peur à un éléphant ?

Nous ne nous sommes plus jamais rencontrés et pourtant dans notre existence frustrée, limitée, contrôlée, répertoriée, comprimée, l’écho de votre marche irrésistible, foudroyante, à travers les vastes espaces de l’Afrique, ne cesse de me parvenir et il éveille en moi un besoin confus. Il résonne triomphalement comme la fin de la soumission et de la servitude, comme un écho de cette liberté infinie qui hante notre âme depuis qu’elle fut opprimée pour la première fois.

J’espère que vous n’y verrez pas un manque de respect si je vous avoue que votre taille, votre force et votre ardente aspiration à une existence sans entrave vous rendent évidemment tout à fait anachronique. Aussi vous considère-t-on comme incompatible avec l’époque actuelle. Mais à tous ceux parmi nous qu’écoeurent nos villes polluées et nos pensées plus polluées encore, votre colossale présence, votre survie, contre vents et marées, agissent comme un message rassurant. Tout n’est pas encore perdu, le dernier espoir de liberté ne s’est pas encore complètement évanoui de cette terre, et qui sait ? Si nous cessons de détruire les éléphants et les empêchons de disparaître, peut-être réussirons-nous également à protéger notre propre espèce contre nos entreprises d’extermination.

Si l’homme se montre capable de respect envers la vie sous la forme la plus formidable et la plus encombrante – allons, allons, ne secouez pas vos oreilles et ne levez pas votre trompe avec colère, je n’avais pas l’intention de vous froisser – alors demeure une chance pour que la Chine ne soit pas l’annonce de l’avenir qui nous attend, mais pour que l’individu, cet autre monstre préhistorique encombrant et maladroit, parvienne d’une manière ou d’une autre à survivre.

Il y a des années, j’ai rencontré un Français qui s’était consacré, corps et âme, à la sauvegarde de l’éléphant d’Afrique. Quelque part, sur la mer verdoyante, houleuse, de ce qui portait alors le nom de territoire du Tchad, sous les étoiles qui semblent toujours briller avec plus d’éclat lorsque la voix d’un homme parvient à s’élever plus haut que sa solitude, il me dit : « Les chiens, ce n’est plus suffisant. Les gens ne se sont jamais sentis plus perdus, plus solitaires qu’aujourd’hui, il leur faut de la compagnie, une amitié plus puissante, plus sûre que toutes celles que nous avons connues.

Quelque chose qui puisse réellement tenir le coup. Les chiens, ce n’est plus assez. Ce qu’il nous faut, ce sont les éléphants ». Et qui sait ? I1 nous faudra peut-être chercher un compagnonnage infiniment plus important, plus puissant encore…

Je devine presque une lueur ironique dans vos yeux à la lecture de ma lettre. Et sans doute dressez-vous les oreilles par méfiance profonde envers toute rumeur qui vient de l’homme. Vous a-t-on jamais dit que votre oreille a presque exactement la forme du continent africain ? Votre masse grise semblable à un roc possède jusqu’à la couleur et l’aspect de la terre, notre mère. Vos cils ont quelque chose d’inconnu qui fait presque penser à ceux d’une fillette, tandis que votre postérieur ressemble à celui d’un chiot monstrueux.

Au cours de milliers d’années, on vous a chassé pour votre viande et. Votre ivoire, mais c’est l’homme civilisé qui a eu l’idée de vous tuer pour son plaisir et faire de vous un trophée. Tout ce qu’il y a en nous d’effroi, de frustration, de faiblesse et d’incertitude semble trouver quelque réconfort névrotique à tuer la plus puissante de toutes les créatures terrestres. Cet acte gratuit nous procure ce genre d’assurance « virile » qui jette une lumière étrange sur la nature de notre virilité.

Il y a des gens qui, bien sûr, affirment que vous ne servez à rien, que vous ruinez les récoltes dans un pays où sévit la famine, que l’humanité a déjà assez de problèmes de survie dont elle doit s’occuper sans aller encore se charger de celui des éléphants. En fait, ils soutiennent que vous êtes un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre.

C’est exactement le genre d’arguments qu’utilisent les régimes totalitaires, de Staline à Mao, en passant par Hitler, pour démontrer qu’une société vraiment rationnelle ne peut se permettre le luxe de la liberté individuelle. Les droits de l’homme sont, eux aussi, des espèces d’éléphants. Le droit d’être d’un avis contraire, de penser librement, le droit de résister au pouvoir et de le contester, ce sont là des valeurs qu’on peut très facilement juguler et réprimer au nom du rendement, de l’efficacité, des « intérêts supérieurs » et du rationalisme intégral.

Dans un camp de concentration en Allemagne, au cours de la dernière guerre mondiale, vous avez joués, monsieur et cher éléphant, un rôle de sauveteur. Bouclés derrière les barbelés, mes amis pensaient aux troupeaux d’éléphants qui parcouraient avec un bruit de tonnerre les plaines sans fin de l’Afrique et l’image de cette liberté vivante et irrésistible aida ces concentrationnaires à survivre. Si le monde ne peut plus s’offrir le luxe de cette beauté naturelle, c’est qu’il ne tardera pas à succomber à sa propre laideur et qu’elle le détruira… Pour moi, je sens profondément que le sort de l’homme, et sa dignité, sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts ou éléphants, sont menacées de destruction.

Demeurer humain semble parfois une tache presque accablante ; et pourtant, il nous faut prendre sur nos épaules an cours de notre marche éreintante vers l’inconnu un poids supplémentaire : celui des éléphants. Il n’est pas douteux qu’au nom d’un rationalisme absolu il faudrait vous détruire, afin de nous permettre d’occuper toute la place sur cette planète surpeuplée. Il n’est pas douteux non plus que votre disparition signifiera le commencement d’un monde entièrement fait pour l’homme. Mais laissez-moi vous dire ceci, mon vieil ami : dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme. Tout ce qui restera de nous, ce seront des robots. Nous ne réussirons jamais à faire de nous entièrement notre propre oeuvre. Nous sommes condamnés pour toujours à dépendre d’un mystère que ni la logique ni l’imagination ne peuvent pénétrer et votre présence parmi nous évoque une puissance créatrice dont on ne peut rendre compte en des termes scientifiques ou rationnels, mais seulement en termes où entrent teneur, espoir et nostalgie. Vous êtes notre dernière innocence.

Je ne sais que trop bien qu’en prenant votre parti – mais n’est-ce pas tout simplement le mien ? – je serai immanquablement qualifié de conservateur, voire de réactionnaire, « monstre » appartenant à une autre évoque préhistorique : celle du libéralisme. J’accepte volontiers cette étiquette en un temps où le nouveau maître à penser de la jeunesse française, le philosophe Michel Foucault, annonce que ce n’est pas seulement

Dieu qui est mort disparu à jamais, mais l’Homme lui-même, l’Homme et l’Humanisme.

C’est ainsi, monsieur et cher éléphant, que nous nous trouvons, vous et moi, sur le même bateau, poussé vers l’oubli par le même vent puissant du rationalisme absolu. Dans une société, vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs.

Je me souviens d’une vieille mélopée que chantaient des piroguiers du fleuve Chari en Afrique centrale.

Nous tuerons le grand éléphant
Nous mangerons le grand éléphant
Nous entrerons dans son ventre
Mangerons son coeur et son foie…

(..) Croyez-moi votre ami bien dévoué.

Romain Gary
Le figaro Littéraire, Mars 1968

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Consommons intelligent pour les fêtes

C’est d’époque, les fêtes commencent la semaine prochaine, la consommation va exploser comme tous les ans. Ce que je vous propose ici, c’est de passer en revue quelques gestes faciles à appliquer pour consommer intelligent à défaut de moins consommer !

La première des choses qui me vient à l’esprit c’est d’éviter tout ce qui est couverts et nappes jetables. Préparer une belle table avec de la belle vaisselle et une jolie nappe sera du plus bel effet et épatera vos invités.

Ensuite concernant l’alimentation le mieux est de consommer des produits de saisons, qui ont été cultivé dans le respect de l’environnement et pourquoi pas issus du commerce équitable. Gardez bien à l’esprit que plus un produit à voyagé plus il a généré de la pollution.

N’oubliez pas de bien regarder la provenance des aliments, les produits importés ne sont pas forcément produits dans le respect de nos règles concernant le respect de l’environnement, le mode d’élevage ou de culture et les additifs chimiques.

A noter également que certains poissons ou autres produits animaux sont produits à partir d’espèces en voie de disparition et que même si la commercialisation est encore autorisée, leur consommation ne s’inscrit pas dans une démarche écologique.

De nombreux logos existent pour vous aider à vous retrouver dans ces méandres, en voici quelques uns :

rappel logos

 

Même pendant les fêtes on consomme de l’eau, troquez votre bouteille d’eau en plastique contre une carafe d’eau filtrante, l’eau est débarrassée des métaux lourds et autres javélisants et égale l’eau de source au goût.

Pour passer une agréable soirée sans faire exploser la facture d’électricité, pensez à allumer des bougies mais attention de les placer dans un endroit stable, sans matière inflammable autour et toujours sur surveillance.

Pour ce qui des cadeaux, bien entendu, c’est le même principe, acheter oui mais acheter intelligent ! N’oubliez pas les jouets en bois ou issus du commerce équitable, en cherchant bien on finit toujours par trouver son bonheur. Pour les grands, le choix est vaste, de grandes associations ont leur propre boutique et proposent ainsi des cadeaux écolos ou équitables, c’est l’occasion d’initier vos amis à une vie plus écologique.

Que serait Noël sans ses paquets cadeaux ? Là encore on peut avoir les bons gestes en utilisant des sacs à cadeaux réutilisables sur plusieurs années ou au moins du papier cadeau recyclable.

Après les fêtes nous sommes tous envahis de déchets, n’oubliez pas de les trier. A Paris, pensez à porter vos sapins naturels débarrassés de leurs décorations aux points de recyclage dans les parcs et jardins. A la campagne, replantez les sapins en pot, débitez les sapins coupés pour en faire du paillage…

Récupérez ce qui est récupérable, les déchets alimentaires sont pour la plupart jetable sur votre tas de compost, si vous n’en avez pas encore, c’est le bon moment pour vous lancer !

Récupérez les petites décorations en plastique sur les bûches, vous pourrez les réutiliser sur vos futures pâtisseries.

Toutes les idées et les astuces sont bonnes pour économiser nos ressources, réduire nos déchets et consommer mieux.

 

voeux 2007-2008

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Interview de Michel Goujon sur la biodiversité marine

Aujourd’hui je vais vous présenter quelqu’un que j’apprécie tout particulièrement autant sur le plan humain que sur le plan professionnel. J’ai eu le privilège de travailler avec lui et d’apprendre de nombreuses choses à son contact.

Il s’agit de Michel Goujon, docteur en halieutique, je l’ai interrogé sur la biodiversité, la pollution marine et les solutions envisageables à court et à long terme.

Bonjour Michel, tout d’abord, je te remercie de bien vouloir répondre à mes questions !
Peux-tu te présenter un peu pour mes lecteurs s’il te plaît ?

Bonjour, je peux presque dire que depuis tout petit, j’ai été attiré par les océans, leurs habitants et la pêche. De filin en aiguille, je me suis donc retrouvé avec un diplôme d’ingénieur halieute et un Doctorat en halieutique en poche ! Depuis, j’essaie de mettre mes compétences au service de la mer et de ceux qui en vivent : les pêcheurs.

Que penses-tu de l’état actuel de nos mers et de nos océans ?
Que ce soient nos mers (espaces marins presque fermés) ou nos océans, il faut reconnaître qu’ils ne sont pas au meilleur de leur forme mais il ne faut pas dramatiser. La pollution directe (marées noires, déversements de boues, de produits toxiques ou de déchets) ou indirecte (via la pollution des bassins versants) est sans doute ce qui menace le plus la santé de nos océans. Il y a aussi, dans certaines zones, une surpêche qui, sans mettre en péril, la santé des océans, peut les appauvrir ou modifier les écosystèmes marins. Comme je le dis, il convient de relativiser les choses, mais l’impact de l’homme commence à être significatif et il est certes temps d’agir !

Concernant la biodiversité marine quelles sont les mesures actuelles et sont-elles suffisantes ?
La préservation de la biodiversité marine qui, est à la mode, n’en est cependant qu’à ses débuts. Aujourd’hui, la lumière des projecteurs se concentre sur quelques sujets médiatiques comme les coraux profonds ou les dauphins d’eau douce. Concernant les coraux, le projet de moratoire de la pêche profonde que mettent en avant les écologistes est sans doute surdimensionné car la pêche profonde ne peut se pratiquer que sur quelques pourcents de l’aire de répartition des coraux. En ce qui concerne les coraux des récifs tropicaux, il n’y a pas beaucoup de mesures directes pour assurer la survie de la Grande Barrière ; il faut s’en prendre à la source du mal qui est le réchauffement de la planète. Enfin, le problème de la disparition de certaines espèces comme les dauphins de l’Irrawady est un cas d’école : pendant trop longtemps, rien n’a été fait et c’est au dernier moment que les gens s’émeuvent. Comme tu le vois, je suis assez sceptique sur l’efficacité des mesures actuelles ou proposées. Il est temps qu’une grande prise de conscience ait lieu et que les gouvernements prennent leurs responsabilités. Maintenant, je pense que les dangers qui menacent la biodiversité marine ne sont rien à côté de ceux qui menacent la biodiversité terrestre en particulier dans les forêts tropicales.

Quelles sont celles que tu préconises personnellement ?
Je pense qu’il faut préserver les espaces que l’on sait être riches en biodiversité (pas forcément en y interdisant toute activité mais en l’encadrant de façon stricte). Il faut aussi combattre sur tous les fronts et en particulier commencer par mettre un terme à toutes les pratiques illégales. Il faudrait aussi qu’avant d’étendre ses activités, l’homme évalue les impacts de celles-ci sur l’environnement.

L’industrie pétrolière, les granulats et la pêche ont-ils encore leur place dans une conception écologique de nos ressources marines ?
Oui, à condition d’être encadrées et pratiquée de manière responsable. Non si l’on parle, par exemple, des extractions de graviers dans des zones identifiées de ponte ou de nourricerie de certaines espèces.

Les gens ne connaissant la pêche maritime qu’à travers les médias ont souvent des idées reçues sur celle-ci, est-elle si polluante que cela ?
Certaines pêches polluent plus que d’autres mais pour des captures plus larges. Il faudrait ramener les consommations de gasoil au tonnage débarqué. Cela dit, je ne pense pas qu’un bateau de pêche pollue beaucoup plus qu’un yacht (gasoil, déchets en mer). De plus en plus de pêcheurs débarquent leurs déchets à terre et, avec la crise du gasoil, il est probable que des navires de pêche consommant moins d’énergies fossiles voient le jour.

Les pêcheurs sont-ils écolos ?
J’aurai tendance à dire que la proportion de défenseurs de l’environnement est plus importante dans ce secteur qui vit de et sur la mer que dans d’autre secteurs de l’industrie alimentaire et encore plus de la société dans son ensemble. Maintenant, je ne sais pas si ils aimeraient être appelés écolos», ce terme ayant malheureusement été trop souvent galvaudé par ceux que l’on devrait plutôt appeler des éco-extrémistes.

Concrètement que font-ils pour protéger leur mère nourricière ?
Tout d’abord, les pêcheurs ont de tout temps respecté un certain nombre de règles visant à préserver la reproduction des espèces et le maintien des biomasses. Il est vrai que, le progrès et la mondialisation aidant, la fin du XXe siècle a vu naître de nombreux comportements irresponsables. Heureusement, la nouvelle génération semble retrouver la sagesse qui présidaient dans les prud’hommies, mais il reste encore du chemin. Les professionnels se sont également engagés dans de nombreuses réflexions et même démarches, visant à réduire l’impact de leurs engins sur les fonds marins (qui peut altérer parfois certains habitats), leurs captures accidentelles d’animaux protégés (mammifères marins, tortues, oiseaux) ou encore les rejets d’espèces sans valeur commerciale (ou qui ont perdus leur valeur du fait de la réglementation comme le poisson pris au-delà des quotas). On peut citer de nombreux exemples : procédure de backdown pour permettre aux dauphins de s’échapper des sennes, grille de sélectivité et fenêtre d’échappement dans les chaluts, tori line (lignes de banderolles) pour que les oiseaux ne viennent pas attraper les appâts des palangres, etc). Question pollution, de nombreux ports ont mis en place un système de poubelles sur les quais pour les marins. Des pêcheurs en coopération avec des environnementalistes ont délimité des zones de protection comme le parc de Mer d’Iroise, la réserve des bouches de Bonifaccio ou de Port-Cros, etc.

Tu seras très prochainement le directeur d’Orthongel, peux-tu nous expliquer de quoi il s’agit comme organisme et concrètement que feras-tu ? Y aura-t-il l’écologie et le respect de la biodiversité au programme ?
Orthongel est l’organisation de producteurs qui s’occupent du thon congelé, c’est-à-dire les thons tropicaux (albacore et listao) destinés à la production de conserve de thon. Je serai chargé, comme mon prédécesseur, de les représenter et de défendre leurs intérêts au sein des différentes instances nationales et internationales (UAPF, CNPMEM, DPMA, DG Pêche, CCR et ORGP) mais aussi, de par mes compétences scientifiques, je serai à même de rendre cette pêche encore plus responsable et respectueuse de l’environnement. Un des premiers sujets que je prendrai cœur à traiter sera celui des captures accessoires qui, même si elles ne sont pas très importantes, peuvent certainement être réduites.

Merci Michel d’avoir répondu à mes question et bonne chance pour ce nouveau défi qui t’attend !

retour de pêche

Sigles :

CNPMEM : Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins
DPMA : Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture
UAPF : Union des armateurs à la pêche de France
DG Pêche : Délégation à la pêche de la Commission européenne
CCR : Comité consultatif régional
ORGP : Organisation régionale de gestion des pêches

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Après les fêtes recyclez votre sapin !

Chaque année avant noël, on peut voir des milliers de sapins vendus un peu partout dans les magasins. Le français aime le sapin naturel et il en consomme donc beaucoup, surtout dans les grandes villes. Le problème majeur, c’est que faire de tous ces sapins après les fêtes ? A la campagne, on trouve toujours, mais en ville, ça reste compliqué. Comme de nombreux parisiens, il n’est pas rare que je peste en voyant les gens les mettre sur les trottoirs, bien souvent sans l’avoir signalé au service propreté de la ville de Paris.

Cette année, une idée est née, recycler nos bons vieux sapins de noël, une merveilleuse idée quand on sait la gêne qu’ils occasionnent dans nos rues et la masse de déchets qu’ils représentent pour la ville.

Cette idée est vraiment toute simple, il s’agit de mettre en place des points de collecte de sapins dans environ 70 parcs et jardins parisiens où ils seront triés puis broyés. Le résultat obtenu sera utilisé en paillage dans les espaces verts avoisinants apportant ainsi un enrichissement au sol lors de sa décomposition.

L’opération sera menée du 26 décembre au 20 janvier. Les sapins doivent naturellement être débarrassés de toutes leurs décorations. La liste des points de collecte est visible sur la section environnement du portail de la ville de Paris.

recyclage sapin de noel

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